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Un peut de savoir sur le parfum
que tout le monde apprécie

 

 

De nombreuses tablettes cunéiformes nous montrent que l'usage et le commerce du parfum étaient connus dès les Sumériens. Tous les peuples antiques en ont fait une grosse consommation, notamment les Égyptiens (Alexandrie possédait d'importantes fabriques). Même s'il a eu aussi un usage profane, il était surtout utilisé lors de pratiques religieuses (offrandes aux dieux, embaumement des corps). Les techniques de production étaient rudimentaires, et le resteront jusqu'à la fin du Moyen Âge : les produits étaient broyés, pilés, bouillis, imprégnés de matières grasses, et on utilisait surtout des écorces, des résines, des racines ou des matières animales servant de fixateurs. La vedette était alors l'encens, produit d'abord à Oman, et qui a largement contribué à la création des royaumes d'Arabie. À titre d'exemple, l'encens est cité 118 fois dans la Bible, dont 113 dans l'Ancien Testament. Sont également cités à diverses reprises le cinnamome (nom ancien de la cannelle), l'acanthe, la myrrhe, le nard, l'aloès, le safran ou le roseau odorant.

Le commerce du parfum a également fait la prospérité des villes phéniciennes et grecques. C'est le cas notamment de Chypre, où de nouveaux parfums ont été mis à la mode, utilisant les fleurs (rose, iris, lys, jasmin), ou encore de Corinthe, qui passe pour la cité ayant commercialisé les flacons de parfum (aryballes et alabastres).

Les Romains ont continué à utiliser les parfums, mais on ne leur doit guère d'innovations, sinon le remplacement de la terre cuite par le verre pour la confection des flacons. Le Moyen Âge chrétien ne semble guère avoir fait usage des parfums, sinon lors de cérémonies religieuses. Cependant, après les croisades, la consommation semble augmenter, en particulier sous forme de boules de savon et d'eau de rose.

Le grand bouleversement se produit à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, avec deux innovations : d'une part le perfectionnement de l'alambic, avec un système de refroidissement facilitant la distillation; de l'autre la découverte de l'alcool éthylique, permettant de donner au parfum un support autre que des huiles ou des graisses. Le premier alcoolat célèbre est l'Eau de la Reine de Hongrie (XIVe siècle), préparation à base de romarin et d'essence de térébenthine.

Le parfum acquiert alors ses lettres de noblesse en Occident. On l'utilise notamment pour parfumer les vêtements, en particulier les gants, le métier de parfumeur étant alors associé à celui de gantier. La ville de Grasse devient la capitale du parfum, on y met au point de nouvelles techniques permettant de mieux recueillir l'essence des fleurs fragiles. Au XVIIIe siècle, on parfume tout, depuis le corps jusqu'aux vêtements et aux divers accessoires, notamment les cuirs. Mais il faudra attendre encore un siècle pour voir apparaître le vaporisateur.

La dernière révolution a lieu à la fin du XIXe siècle, avec l'essor industriel dont les conséquences sont considérables : conditionnement fabriqué en série, apparition des grands magasins et surtout arrivée des premiers produits de synthèse, liés au développement de la chimie organique.

Principales matières utilisées

Voir aussi la Liste des plantes à cosmétique et à parfum

Végétaux

  • Fleurs : les plus nobles sont sans doute la rose et le jasmin, auxquels on ajoutera la tubéreuse et l'iris, tout en sachant que le parfum de ce dernier n'est pas fourni par la fleur, mais par le rhizome. Les autres fleurs les plus utilisées sont la violette (dont on prend surtout les feuilles), la fleur d'oranger (ou néroli), le mimosa, le narcisse et bien sûr la lavande, sans oublier l'ylang-ylang (ou ilang-ilang), fleur originaire des îles de l'océan Indien. La mode de ces fleurs varie selon les époques. Leurs essences sont aujourd'hui le plus souvent reconstituées plus ou moins bien, par des mélanges de molécules aromatiques synthétiques, ce qui en diminue largement le prix.
  • Fruits : pour l'essentiel, les fruits utilisés en parfumerie sont des agrumes. Ils constituent une famille olfactive appelée hespéridés, très présente dans les eaux de Cologne. On y trouve les diverses variétés de citrons et d'oranges, notamment la limette et la bergamote. Les autres fruits sont le plus souvent des produits de synthèse, le plus fréquemment utilisé étant la vanille.

Matières animales

Quatre essences animales sont utilisées dans la confection de parfums, le plus souvent aujourd'hui sous forme synthétique car des questions réglementaires ou d'éthique empêchent ou freinent leur emploi. Elles jouent le rôle de fixateurs et se rencontrent surtout dans les parfums masculins, du moins pour les trois premières.

  • Le musc, sécrétion produite par un cervidé mâle appelé chevrotin porte-musc.
  • Le castoréum, excrétion sébacée du castor.
  • La civette, sécrétion de l'animal du même nom.
  • L'ambre gris, sorte de déjection issue du cachalot, qui erre sur les flots pendant de long mois avant d'être recueillie sur les plages des océans indien ou pacifique, le plus souvent.

Parfums synthétiques

On l'aura déjà compris en lisant les lignes ci-dessus, la parfumerie est depuis la fin du XIXe siècle un art où la chimie joue un rôle de plus en plus important. Très chers et très difficiles à se procurer (c'est le cas par exemple des essences animales), demandant de longues manipulations, les parfums naturels sont remplacés par des produits synthétiques. Cette évolution n'est pas très poétique, mais elle permet de faire que le parfum ne soit pas un produit inabordable, et dans bien des cas elle préserve la flore et la faune.

Les nouveaux produits sont obtenus soit par une transformation chimique effectuée sur des extraits d'essences naturelles, soit de façon totalement synthétique, à partir notamment du goudron de houille : c'est le cas par exemple de l'acétate de benzyle, qui rappelle le jasmin.

Techniques de fabrication

On appelle extraction le processus qui permet de transformer en essence une matière première. Les exemples ci-dessous concernent les formes traditionnelles d'extraction, et ne tiennent pas compte des méthodes chimiques utilisées actuellement.

  • L'expression : pratiquée uniquement avec les agrumes, elle permet par simple pression d'extraire l'essence contenue dans l'écorce des fruits. L'opération est aujourd'hui accomplie grâce à des centrifugeuses.
  • La distillation à la vapeur d'eau : la matière première récoltée est disposée dans un alambic, avec de l'eau qu'on porte à ébullition. La vapeur d'eau transporte l'essence dans un condensateur, puis dans un séparateur.
  • La rectification : les essences obtenues par distillation sont parfois purifiées par rectification sous vide, procédé à basse température plus respectueux des matières fragiles.
  • L'enfleurage à chaud : utilisé avec des pétales de fleurs pas trop fragiles (rose, narcisse), il consiste à les plonger dans un bain de graisse animale que l'on fait chauffer à plusieurs reprises. Lorsque les fleurs ont donné toute leur essence, elles sont jetées et remplacées par d'autres, jusqu'à obtention d'une graisse suffisamment saturée. La graisse est ensuite lavée avec de l'alcool, jusqu'à obtention de l'essence dite absolue.
  • L'enfleurage à froid : utilisé lorsque les fleurs sont trop fragiles (jasmin, tubéreuse). Le principe est le même que pour l'enfleurage à chaud, mais les pétales sont disposés sur des tiroirs remplis de graisse froide. L'enfleurage n'est plus pratiqué aujourd'hui de cette façon.
  • L'extraction par solvants : se fait à l'aide de solvants volatils (éther de pétrole, hexane, benzène, ce dernier n'étant plus utilisé aujourd'hui) suivi en général par une extraction à l'éthanol.
  • La macération : pratiquée pour obtenir les essences animales, elle consiste à laisser macérer la matière première dans de l'alcool.

Une fois les diverses essences obtenues, c'est au parfumeur qu'il conviendra de les mélanger, par de savants dosages dont lui seul a le secret. Puis le parfum obtenu sera mêlé à un excipient, en principe de l'alcool, avec une concentration plus ou moins forte selon le produit que l'on veut obtenir.

Les familles olfactives

Les parfums sont traditionnellement classés en sept grandes familles olfactives, dont les noms peuvent varier selon les modes:

  • Les floraux sont élaborés autour d'une ou plusieurs senteurs florales. Lorsqu'une seule fleur est utilisée, on parle de soliflores (c'est le cas de Diorissimo avec le muguet).
  • Les chyprés forment une famille née après la création du parfum Chypre de François Coty. Ils sont construits sur un accord bergamote-jasmin-mousse de chêne.
  • Les fougères sont construits sur une alliance de lavande et de bois, à la base de nombreuses eaux de toilette masculines.
  • Les cuirs, également très masculins, sentent le miel, le tabac et le bouleau.
  • Les boisés sont dominés par le santal, le patchouli et le cèdre.
  • Les orientaux (ou ambrés) sont dominés par un mélange de vanille et d'essences animales, accompagnées par des fleurs et des bois exotiques.
  • Les hespéridés sont construits à base de zestes d'agrumes, et constituent en principe la dominante des eaux de Cologne.

Description d'un parfum

Il est impossible de décrire un parfum en faisant la liste de ses composants, d'une part parce que ceux-ci sont souvent très nombreux, de l'autre parce que le parfumeur (malgré certaines pressions de l'Union européenne) n'est pas tenu de communiquer cette liste au public. Par contre, il est possible de classer un parfum selon sa famille olfactive, et de le décrire en fonction des notes qui apparaissent lors de son utilisation. Ces notes olfactives se différencient en notes de tête (celles qui sont liées à la première impression olfactive et sont les plus volatiles), notes de cœur (celles qui constituent le cœur du parfum et demeurent pendant plusieurs heures), et enfin notes de fond (celles qui persistent longtemps après que le parfum ait été vaporisé et qui peuvent rester des mois sur un vêtement).

À titre d'exemple, voici la description du parfum Coco de Chanel (source : http://senteurs.free.fr ) :

Classement par taux de concentration

Il y a des parfums pour toutes les bourses, les prix variant en fonction de la réputation du produit, mais aussi selon le taux de concentration du parfum proprement dit dans l'excipient.

  • Les eaux légères, sur excipient aqueux, ne contiennent qu'environ 4 % de concentré.
  • Les eaux de Cologne sont dosées à environ 7 %.
  • Les eaux de toilette contiennent environ 12 % de concentré.
  • Les eaux de parfum, beaucoup plus chères, atteignent un taux de concentration de 18 %

À partir de 20 %, on entre dans le domaine des extraits, dont les prix sont souvent inabordables. Le taux de concentration peut atteindre 40 % dans le cas de parfums particulièrement prestigieux.